Les États Généraux de la santé et de la protection sociale – Consultation citoyenne : des attentes fortes pour refonder le système
La phase de consultation des états généraux de la santé et de la protection sociale s’est achevée sur un constat clair : la santé et la protection sociale occupent une place centrale dans les préoccupations des citoyens comme des professionnels.
Entre le 17 novembre 2025 et le 17 février 2026, 76 873 participants, dont 64 090 citoyens et 12 783 professionnels de santé et de l’accompagnement, ont partagé 2 293 418 réponses et 405 007 verbatims, témoignant d’une mobilisation exceptionnelle.
Au-delà des chiffres, les répondants ont formulé des analyses précises, des constats concrets et de nombreuses propositions pour faire évoluer le système. L’attachement au modèle français de protection sociale ressort très nettement, avec 93% des citoyens et 9 professionnels sur 10 se disant attachés ou fortement attachés à ce socle de solidarité.
Un modèle plébiscité, mais jugé perfectible
La consultation confirme d’abord une réalité forte : la protection sociale reste un motif de fierté collective. Les principes de solidarité, d’égalité et d’universalité demeurent profondément ancrés.
Pour autant, cet attachement ne masque pas les attentes de réforme. Citoyens et professionnels jugent le système perfectible, en particulier sur sa lisibilité, son efficacité et sa capacité à répondre aux besoins du quotidien. Les priorités exprimées convergent autour de deux exigences majeures : garantir un accès aux soins de qualité pour tous et réduire les délais d’attente.
L’accès aux soins au premier plan
L’accès aux soins ressort comme l’une des préoccupations les plus fortes de la consultation. Pour les citoyens, la difficulté à obtenir un rendez-vous, l’absence de médecin traitant, les inégalités territoriales et le sentiment d’une médecine à deux vitesses nourrissent un profond malaise. Du côté des professionnels, la priorité est claire : mieux organiser les parcours, renforcer la coordination entre acteurs et fluidifier l’accès aux soins de proximité.
Le rôle du médecin traitant demeure central dans les parcours de soins et d’accompagnement. La consultation montre combien cette relation de confiance rassure, structure les prises en charge et incarne concrètement la proximité du système de santé. À l’inverse, lorsqu’un professionnel de référence manque, c’est tout le parcours qui semble se fragiliser.
Dans ce contexte, plusieurs leviers sont jugés indispensables : le développement des maisons médicales de garde, l’ouverture de services de soins en soirée et le week-end, la meilleure répartition des compétences, le recentrage de l’hôpital sur les actes complexes et la simplification des tâches administratives.
Revaloriser ceux qui prennent soin
La consultation met aussi en lumière une alerte forte des professionnels de la santé et de l’accompagnement. Beaucoup décrivent une dégradation de leurs conditions d’exercice, marquée par le manque de moyens humains, la surcharge de travail, la pression de l’urgence et l’excès de contraintes administratives.
À cela s’ajoute un sentiment de reconnaissance insuffisante, notamment sur le plan des rémunérations et de la valorisation des métiers. Les professionnels appellent à prendre soin de celles et ceux qui prennent soin, en renforçant l’attractivité des métiers sanitaires, sociaux et médico-sociaux, en améliorant la qualité de vie au travail et en limitant les tâches qui éloignent du cœur de mission.
Mieux maîtriser les dépenses, sans renoncer au modèle
La question du financement traverse l’ensemble des réponses. Les citoyens comme les professionnels souhaitent une meilleure maîtrise des dépenses, avec une attention particulière portée à la fraude, au gaspillage et aux abus. Chez les citoyens, la volonté de préserver le modèle passe aussi par des mesures de bon sens : mieux contrôler les dépenses, rendre visible le coût réel des soins, renforcer la transparence et réinterroger certaines organisations.
Mais cette logique de soutenabilité ne se limite pas à des économies immédiates. De nombreuses réponses soulignent la nécessité d’un pilotage de long terme, fondé sur une stratégie pluriannuelle et sur des choix structurels. Autrement dit, l’enjeu n’est pas de réduire la protection sociale, mais de la rendre plus robuste, plus efficiente et mieux adaptée aux réalités contemporaines.
Prévenir davantage, dès maintenant
Autre enseignement fort : la prévention est perçue comme un sous-investissement au regard des besoins. Citoyens et professionnels estiment qu’elle doit devenir un pilier stratégique du système, au même titre que le soin. Les répondants évoquent notamment l’activité physique, l’alimentation, la santé mentale, les dépistages, l’éducation thérapeutique et l’information auprès des jeunes publics.
La santé mentale occupe une place importante dans les réponses, en particulier chez les plus jeunes et les femmes. Elle apparaît à la fois comme un sujet de préoccupation immédiate et comme un enjeu de société à mieux prendre en compte, avec davantage d’information, de repérage et de déstigmatisation.
Les professionnels, de leur côté, identifient plusieurs outils concrets pour renforcer la prévention : consultations dédiées, bilans personnalisés, éducation thérapeutique, actions à l’école et dépistages systématiques. Tous convergent vers une même idée : il faut sortir d’une logique uniquement curative pour construire une santé plus durable.
Le défi de l’autonomie
La perte d’autonomie constitue enfin un autre point de vigilance majeur. Une large majorité des citoyens dit ne pas être préparée à cette perspective, souvent par manque d’informations, de visibilité sur les dispositifs existants ou tout simplement parce qu’il est difficile de s’y projeter.
Les professionnels soulignent pour leur part l’importance de soutenir les métiers de l’autonomie, de renforcer la prévention de la perte d’autonomie et de lutter contre l’isolement. Dans les réponses comme dans les propositions, les aidants familiaux apparaissent comme indispensables, mais encore insuffisamment accompagnés.
Sur ce sujet, la consultation révèle également un large soutien à l’idée d’une couverture prévoyance obligatoire, signe qu’une protection plus lisible et mieux sécurisée est attendue pour l’avenir.
Une parole appelée à nourrir la suite
Cette consultation n’est pas une fin en soi : elle constitue la première étape d’une démarche plus large de co-construction. Les résultats vont désormais nourrir des ateliers territoriaux, des groupes de travail nationaux et une convention démocratique, afin de faire émerger des solutions concrètes, partagées et adaptées aux réalités de terrain.
Pour la Mutualité Française Occitanie, ces enseignements confirment l’importance d’un débat exigeant, ancré dans les usages réels du système de santé et de protection sociale. Ils rappellent surtout une conviction forte : les Français ne demandent pas moins de solidarité, mais une protection sociale plus accessible, plus lisible et plus efficace pour toutes et tous.
Pour en savoir plus sur la démarche des États généraux de la santé et de la protection sociale et accéder aux résultats complets de la consultation, rendez-vous sur la plateforme officielle : https://www.placedelasante.fr.