La LMDE radiographie la santé des étudiants

Le livre « Santé et conditions de vie des étudiants », présenté le 22 mai, dresse un panorama de la situation sanitaire et sociale des 18-25 ans. Il s’appuie sur les résultats de la 3e enquête nationale réalisée par l’Observatoire Expertise et prévention pour la santé des étudiants (EPSE) de La Mutuelle des étudiants (LMDE).

Difficultés d’accès aux soins, problèmes financiers, troubles  dépressifs, manque de sommeil : les étudiants vivent un « profond  malaise », déplore le président de La Mutuelle des étudiants (LMDE),  Gabriel Szeftel, dans l’introduction du livre Santé et conditions de vie  des étudiants, coédité par Rue des écoles et la Mutualité Française(1).  « Ainsi, 7 étudiants sur 10 estiment que la société n’est pas favorable à  leur génération », poursuit Gabriel Szeftel.

Présenté le 22 mai à  la presse, cet ouvrage dévoile les résultats de la 3e enquête nationale  réalisée auprès des 18-25 ans par l’Observatoire Expertise et prévention  pour la santé des étudiants (EPSE) de la LMDE.

Agrémenté de  nombreuses statistiques, ce panorama s’intéresse à huit thématiques  sanitaires et sociales : conditions de vie, état de santé et recours aux  soins, santé psychique, consommations de substances psychoactives, vie  affective et sexuelle, habitudes alimentaires, rythmes de vie, loisirs.

Pour  chacun de ces thèmes, des personnalités (médecins, sociologues, élus  mutualistes, représentants étudiants) apportent leur contribution en  ouvrant des pistes d’action possibles. Une déclinaison régionale est  également proposée à travers des fiches comprenant les problématiques  spécifiques de chaque territoire.

Un tiers des étudiants renonce à des soins
Les résultats  confirment que des améliorations conséquentes doivent être menées en  matière de protection sociale des étudiants. Aujourd’hui, 19% d’entre  eux n’ont toujours pas de complémentaire santé, contre « 15% lors de la  précédente enquête », rappelle Gabriel Szeftel. Ce taux est de 6%, en  moyenne, dans le reste de la population.

Si 82% des étudiants  s’estiment en bonne santé, 20% jugent que leur état de santé s’est  dégradé par rapport à l’année précédente. Par exemple, au cours de  l’année écoulée, 38% ont éprouvé un sentiment de tristesse ou de déprime  et 20% ont eu un trouble dépressif. En outre, « un étudiant sur dix  souffre d’une maladie chronique », précise l’ouvrage.

Autre fait  inquiétant : le renoncement aux soins. « Plus d’un tiers des étudiants  interrogés (34%) déclare avoir renoncé à consulter un médecin au cours  des 12 derniers mois. » Dans le détail, ce renoncement est plus fréquent  chez les jeunes femmes avec un taux de 39%, contre 30% pour leurs  homologues masculins. Il est également plus important chez les 23-25 ans  (47%), alors qu’il est de 28% chez les moins de 20 ans. Plus grave :  « Les étudiants qui jugent leur état de santé comme mauvais ou moyen sont  plus nombreux à renoncer aux soins médicaux », avec « respectivement 53%  et 54% ».

« Auparavant, le renoncement aux soins concernait surtout  les soins lourds. Aujourd’hui, chez les jeunes comme dans le reste de la  population, il y a un déplacement vers les soins courants », constate le  président de la Mutualité Française, Etienne Caniard. Les étudiants  sont, en effet, davantage concentrés dans des villes où « les  dépassements d’honoraires sont plutôt plus importants que dans le reste  du territoire », ajoute-t-il.

De ce fait, les jeunes sont  directement confrontés aux difficultés d’accès aux soins primaires  résultant de la « déconnexion entre les remboursements et les honoraires  réellement pratiqués ». Pour Etienne Caniard, il faut apporter des  solutions rapides à ce phénomène inquiétant, dénoncé de longue date par  la Mutualité Française.

Un chèque santé national
Pour 29% des personnes interrogées,  les difficultés financières constituent la principale cause de  renoncement. L’enquête révèle d’ailleurs que plus de la moitié des  étudiants vivent avec moins de 400 euros par mois, autrement dit sous le  seuil de pauvreté de 954 euros par mois.

« Près d’un étudiant sur  quatre déclare avoir de réelles difficultés à joindre les deux bouts à  la fin du mois », en raison de « dépenses structurelles de logement,  d’électricité et d’alimentation », note le président de la LMDE. Ce  dernier s’inquiète de « l’incapacité grandissante d’un certain nombre  d’étudiants à faire face à l’explosion du coût de la santé et à leurs  dépenses de santé ». Une situation aggravée par les réformes successives  ayant instauré de nouveaux déremboursements et des franchises  supplémentaires.

S’adressant aux pouvoirs publics locaux et  nationaux ainsi qu’à l’ensemble des acteurs agissant pour la santé des  étudiants, cet ouvrage servira aussi au pilotage de la politique interne  de la LMDE, en particulier sur la prévention. D’ores et déjà, la LMDE  formule des propositions pour améliorer la santé des étudiants. La  principale d’entre elles : la création d’un chèque santé national pour  faciliter l’accès à une complémentaire santé. Autres recommandations :  donner la possibilité aux étudiants d’être couverts à moindres frais,  élargir l’accès à l’aide à la complémentaire santé (ACS) aux étudiants  qui vivent encore chez leurs parents et qui ne sont pas fiscalement  indépendants.

(1) Santé et conditions de vie des étudiants, La  Mutuelle des étudiants (LMDE), coédité par Rue des écoles et la  Mutualité Française. 299 pages. 19,50 €.

Paula Ferreira

Un éclairage régional

Plus de cent pages du livre Santé et conditions  de vie des étudiants sont consacrées à un éclairage régional. Au-delà  d’une synthèse nationale, le lecteur découvrira une présentation  synthétique des thématiques de santé pour chaque région, ce qui lui  permettra de faire des comparaisons. Il trouvera également des  informations utiles, comme la carte d’identité de sa région, le profil  sociodémographique des étudiants, le cursus académique et scolaire ou  encore le temps de transport.

Repères

La 3e enquête nationale sur la santé des  étudiants (ENSE) a été réalisée en 2011 par l’Observatoire Expertise et  prévention pour la santé des étudiants (EPSE) de La Mutuelle des  étudiants (LMDE) auprès d’un échantillon de 111.181 étudiants affiliés à  la LMDE. Ces jeunes ont été consultés par l’intermédiaire d’un  questionnaire de 134 questions à remplir sur Internet. Au total, 8.423  étudiants représentant toutes les académies ont répondu.

Le communiqué de presse

Enquête nationale de la LMDE : les étudiants renoncent de plus en plus aux soins