Trois questions à … Pierre Ricordeau, Directeur général de l’Agence Régionale de Santé

À la tête de l’Agence Régionale de Santé depuis le 24 octobre 2018, Pierre Ricordeau, spécialiste des questions de santé prend la succession de Monique Cavalier.
Dans une période charnière qui est celle de la mise en oeuvre du projet régional de santé et des mesures du plan «Ma santé 2022», Pierre Ricordeau explique les enjeux à venir et le rôle du mouvement mutualiste dans la santé régionale.

Vous avez été nommé directeur général de l’Agence en octobre 2018. Quel premier regard portez-vous sur cette grande région en matière de santé ?

Depuis mon arrivée, je parcours cette grande région et je tiens à aller régulièrement à la rencontre des acteurs de chaque territoire. Je mesure la richesse que représentent ces derniers, leur haut niveau de professionnalisme, leur diversité et leur capacité à s’impliquer dans des projets innovants, au service de la qualité des soins. Cette force de l’offre de santé est un point fort de l’Occitanie. Pour autant, nous sommes confrontés à des défis qui nécessitent de conduire des transformations importantes, comme par exemple le vieillissement de la population, particulièrement accentué dans notre région, les difficultés d’accès aux soins dans un certain nombre de territoires ruraux et, à l’inverse, l’insuffisance de l’offre médico-sociale dans certains centres urbains en forte croissance, la problématique des inégalités sociales de santé, particulièrement forte dans une région dont le taux de pauvreté est élevé. Travailler sur ces défis est le sens de la stratégie définie dans le projet régional de santé.

 

Le projet régional de santé « Occitanie Santé 2022 » a été adopté et entre dans sa phase de mise en oeuvre. Quels sont désormais pour vous les chantiers majeurs à venir ?

Le projet régional de santé est effectivement entré en phase opérationnelle; il va se traduire en actions dans chaque territoire de notre région. Je suis particulièrement attaché à cette «territorialisation», parce que notre politique régionale de santé doit désormais s’adapter aux spécificités de chaque territoire et prendre appui sur les capacités d’action des acteurs locaux. Les chantiers sont nombreux. Nous allons d’abord développer les actions de prévention et de promotion de la santé, par exemple en ciblant les jeunes dont les indicateurs de santé sont préoccupants en Occitanie.
Nous accompagnons aussi les professionnels de santé de premier recours. Ils partagent de plus en plus, aujourd’hui la nécessité d’un exercice coordonné, par exemple au sein des maisons de santé pluriprofessionnelles ou dans le cadre des communautés professionnelles territoriales de santé dont nous soutenons le déploiement. Le projet régional de santé consolide, également, les articulations indispensables entres les acteurs des soins de ville, de l’hôpital et du secteur médico-social, à l’exemple des parcours de santé mieux organisés pour la prise en charge de nos aînés ou des personnes atteintes de maladies chroniques. L’innovation numérique soutient ces évolutions au service des patients, à l’exemple de la télémédecine que nous développons dans les EHPAD pour faciliter l’accès à des spécialistes, en évitant le déplacement des personnes âgées.
C’est à l’écoute des besoins que nous soutenons les transformations en cours actuellement, par exemple pour conforter le rôle des hôpitaux de proximité ou afin de favoriser l’inclusion des personnes handicapées en milieu ordinaire.

 

De votre point de vue, quel rôle joue aujourd’hui le mouvement mutualiste dans la santé régionale ? Et pour demain ?

Le mouvement mutualiste joue un rôle important en faveur de l’accès aux soins dans la région, notamment au travers des centres de santé ou en appui à la politique nationale 100 % santé qui va réduire le reste à charge dans le domaine des soins dentaires, de l’optique et des dispositifs auditifs.
Les organismes mutualistes sont aussi acteurs de la modernisation et de la transformation dans le domaine médico-social. Je mesure pour l’avenir la capacité du mouvement mutualiste à favoriser l’innovation au service de l’accès aux soins, en portant des valeurs de solidarité qui font partie de sa raison d’être. Je resterai toujours attentif à ce que le mouvement mutualiste peut apporter pour avancer dans les objectifs de santé de la région et je suis attaché à développer nos partenariats en ce sens.

La Mutualité, un acteur reconnu de la démocratie sanitaire !

Présents au conseil de surveillance de l’ARS*, dans les 13 conseils territoriaux de santé ou à la CRSA** les militants mutualistes font vivre la démocratie sanitaire. Ils contribuent, aux côtés des autres acteurs, à l’élaboration et au suivi du projet régional de santé ou encore à la promotion des droits des usagers.
De plus, la Mutualité mène, en partenariat avec l’ARS*, des programmes de prévention sur l’alimentation du jeune enfant dans les crèches de la région, ou sur l’hygiène bucco-dentaire des personnes en situation de handicap.

*ARS : Agence Régionale de Santé

**CRSA : Conférence Régionale Santé et Autonomie