3 questions au Dr Christine Chollet, pédiatre, sur l’utilisation des écrans par les enfants

Les écrans sont omniprésents dans l’environnement des enfants et entrent dans leur vie de plus en plus précocement. Le nombre moyen d’écrans par foyer est de 6,4 (télévision, téléphone, tablette, ordinateur, etc.)*. Encore perçus comme une nouveauté par les plus âgés, les écrans font partie du monde familier des plus jeunes qui se les approprient aisément dès leur petite enfance.
* Source : Médiamétrie 2016.

Les parents et les professionnels de l’enfance et de l’adolescence ont un rôle important à jouer dans l’apprentissage de la bonne utilisation de ces nouveaux outils. La question de l’accompagnement des enfants sur ce sujet est devenue une priorité majeure pour les familles et les professionnels. De nombreuses questions se posent : faut-il interdire les écrans ? Lesquels ? Comment ? À partir de quel âge les autoriser ? Le Docteur Christine Chollet, pédiatre, apporte son éclairage.

Quels sont les effets sur la santé ?

Plusieurs conséquences sont constatées chez l’enfant :

  • Les écrans retardent l’endormissement et altèrent la qualité du sommeil, ce qui impacte la qualité de l’éveil (fatigue, irritabilité, troubles de la concentration et des apprentissages).
  • Les écrans favorisent une prise de poids excessive en modifiant le comportement alimentaire (prise d’aliments très riches), en détournant l’attention portée au repas et en diminuant la dépense énergétique par une augmentation de la sédentarité.
  • La lumière bleue des écrans est nocive pour la rétine des enfants, particulièrement sensible en raison de la transparence de leur cristallin.
  • L’usage excessif des écrans appauvrit le langage, socle des apprentissages.
  • Les multiples sollicitations des écrans, qu’elles soient visuelles ou sonores, fatiguent le cerveau au détriment d’une bonne attention.

Quels sont les repères simples à appliquer ?

Avant 3 ans : aucun écran !

De 3 à 6 ans : Pas ou peu d’écran selon les repères suivants : pas le matin, pas pendant les repas, pas dans la chambre et pas avant de dormir. Le temps d’écran doit être adapté à l’âge, à la tolérance de l’enfant et au type de contenu. Limitez le temps d’écran à moins d’une heure par jour et pas tous les jours !

Quelle réponse à la demande d’écrans ?

Parents, grands-parents, soyez avec vos enfants ou petits-enfants, dans le partage, lors de temps sans écran. Montrez l’exemple, l’enfant est votre premier spectateur, il imite vos comportements ! Vous pouvez chercher à retarder au maximum l’achat d’une tablette ou d’une console de jeux et impliquer l’entourage dans cette réflexion.

En conclusion

Retenons que les effets des écrans sur les enfants sont réversibles. Les bénéfices de leur arrêt deviennent rapidement concrets : enfant plus calme, moins de colères, endormissement plus rapide… Rien à perdre et tout à gagner à débrancher les écrans !

Lumière sur le collectif CoSE

Le Collectif « Surexposition Écrans » est constitué de praticiens de terrain bénévoles : médecins de PMI, pédiatres, pédopsychiatres, neuropédiatres, psychologues en pédopsychiatrie, orthophonistes et enseignants.

Leur objectif est de faire reconnaître la surexposition aux écrans des enfants comme un enjeu majeur de santé publique. Il propose différents outils (affiches, flyers) et des informations sur les dernières données sur le sujet sur le site : www.surexpositionecrans.org