Dépistage du cancer colorectal : en parler avec son médecin

A l’occasion de Mars bleu 2014, les pouvoirs publics lancent un nouveau dispositif de sensibilisation au dépistage organisé du cancer colorectal chez les 50-74 ans, en partenariat avec la Mutualité Française. Objectif : inciter les patients à évoquer le sujet avec leur médecin traitant dès 50 ans, ou même avant en cas d’antécédents. Décelé tôt, ce cancer se guérit dans 9 cas sur 10.

L’édition 2014 de Mars bleu, mois de mobilisation en faveur du dépistage organisé du cancer colorectal auprès des 50-74 ans, met l’accent sur le dialogue avec le médecin traitant. Le ministère de la Santé et l’Institut national du cancer (Inca) viennent de lancer, notamment en partenariat avec la Mutualité Française, un nouveau dispositif de sensibilisation sur ce cancer encore « méconnu et trop souvent tabou ».

Proposé depuis 2009, ce programme national se heurte toujours à une faible participation, avec un taux de 31% en 2012-2013. Le test effectué dans le cadre du dépistage organisé doit être réalisé tous les deux ans, à partir de 50 ans, rappelle-t-on.

Quand faut-il aborder le sujet avec son médecin ? Que lui dire ? Plusieurs outils d’information aident les patients à répondre à ces questions, mais pas seulement ceux qui sont directement visés par le dépistage organisé. « Dès 50 ans, ou avant en cas d’antécédents, j’en parle à mon médecin », recommandent ainsi des cartes postales et des affichettes.

Ce dialogue permettra au praticien de déceler d’éventuels symptômes déjà présents ou de potentiels risques familiaux. De cette façon, il pourra « identifier le niveau de risque de son patient et l’orienter vers la meilleure stratégie de dépistage ou de surveillance », expliquent le ministère de la Santé et l’Inca.

Plus de 42.000 nouveaux cas
Ces documents d’information précisent également que le cancer du côlon est le « 2e cancer le plus meurtrier », mais qu’il existe 9 chances sur 10 de « guérison s’il est détecté tôt ». A noter que ce cancer occupe le troisième rang en termes de fréquence : plus de 42.000 nouveaux cas ont été recensés en 2012, dont 23.200 chez des hommes et 18.900 chez des femmes. Cette même année, plus de 17.500 décès ont été déplorés.

Pourtant, « un dépistage précoce permet d’identifier la maladie à un stade peu évolué, voire d’éviter un cancer en détectant des polypes ou adénomes, avant qu’ils ne dégénèrent en lésions cancéreuses », soulignent les pouvoirs publics. Ces aspects positifs du dépistage sont fort bien décrits dans un petit film pédagogique diffusé sur Youtube et Facebook, qui évoque aussi les craintes que peut ressentir tout un chacun. Mais même en cas de mauvaise nouvelle, il faut savoir que plus un cancer est décelé à un stade précoce « moins les traitements sont lourds et plus les chances de guérison sont importantes ».

Paula Ferreira